Droit de propriété et liberté

Par l’intermédiaire des conséquences politiques et sociales de la crise covidienne le capitalisme financier apatride va lancer, comme il sait le faire, une véritable OPA dans les mois qui viennent pour ensuite nous réduire définitivement en esclavage.

De nos jours, il existe un consensus objectif (lié à l’observation) qui considère que le fait d’être ou non propriétaire de bien de valeur significative (usage concret), comme un logement, des terres ou d’autres moyens de production, etc., est un discriminant social essentiel dans nos sociétés, Et ce, depuis des siècles. Il est évident qu’un individu qui se trouve dans une situation économique confortable est, naturellement, plus libre pour s’opposer à des décisions qui viennent d’une autorité politique illégitime et parasite. Les prolétaires et sous prolétaires (individus qui ne peuvent vendre que leur force de travail et ceux qui vivent de maigres subsides du système) sont évidemment dans une situation plus difficile, quand il s’agit de ne pas subir des décisions politiques ineptes, comme celles adoptées depuis la crise du coronavirus.

Il semble donc que l’ordo libéralisme des Lagarde, Powell, Draghi, Yelen, Carney et Cie soient désormais en mesure de contester les conceptions libérales traditionnelles. Là où une Ayn Rand (Véritable maîtresse à penser de nos néolibéraux modernes) écrivait encore, il y a quelques décennies, « Que l’homme ne peut exister sans son corps, aucun droit ne peut exister sans le droit de traduire ces droits dans la réalité, à penser, à travailler et à en conserver le produit, ce qui signifie : le droit de propriété. ». Or ses enfants (technocrates et financiers internationaux du 21e siècle) sont en passe de faire muter le capitalisme au détriment de cette conception pourtant libérale du droit de propriété, un droit censé être inaliénable !

En effet, depuis 2008 nous sommes entrés dans une décennie de folie financière pure (taux d’intérêt négatifs et politiques de « Quantitatif Easing » colossales) qui a fait de la politique et des illusions économiques les bases structurantes du nouveau système dans lequel nous vivons actuellement. Certes, ce paradigme économique, promu par la doctrine monétariste de Milton Friedman, est en place depuis les années 70 (accords de la Jamaïque officialisant l’instauration d’un système international de change flottant) mais, depuis début 2020, cette ère inique et truquée de l’argent / dette connaît son paroxysme.

Bien entendu, le coronavirus n’a fait que consacrer cet état de fait. Ainsi, depuis un peu moins d’une année, nos démocraties de marché sont en réalité officiellement sorties de la conception classique de la propriété que nous connaissons depuis plus de deux siècles en Occident. En effet, la propriété pourtant considérée dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 comme l’un des quatre « droits naturels et imprescriptibles de l’homme » ne semble plus vraiment être respectée par l’establishment, et il est même très probable que ce droit soit anéanti pour le plus grand nombre, dans les mois et semaines à venir. Impossible, me direz-vous ? Rien n’est moins sûr.

Certains, qui ont mal lu Proudhon et qui répètent sa caricaturale citation : la propriété, c’est le vol, pourraient se réjouir de ces propos. Sauf que l’anéantissement prochain du droit de propriété va exclusivement s’appliquer à la masse. Nous allons ainsi glisser progressivement vers une conception féodale de la propriété. Ce droit sera alors réservé à une caste de riches. Mais ne nous égarons pas, ces nouvelles féodalités financières ne sont pas un retour des grands féodaux médiévaux et ne s’inscrivent pas du tout dans les conceptions doctrinales de l’église catholique qui, d’ailleurs, en tant que véritable tradition française, avait toujours respecté la propriété sans pour autant la sacraliser de manière excessive. Rappelons que le pape Léon XIII expliquait encore au début du 20e siècle, que : « il est incontestable que, quand un homme s’engage dans un travail rémunérateur, la raison et la motivation qui le pousse à son travail sont d’en obtenir la propriété et de la tenir par la suite comme son propre bien » et, dans son encyclique laborem exercerm de 1981, le pontife Jean-Paul II rappelait que le droit de propriété devait être encadré sans pour autant être nié, tout en rappelant sa fonction dans la société : « la tradition chrétienne n’a jamais reconnu le droit à la propriété privée comme absolu ni intouchable. Au contraire, elle l’a toujours entendue dans le contexte plus vaste du droit commun de tous à utiliser les biens de la création entière. Le droit à la propriété privée est subordonné à celui de l’usage commun, à la destination universelle des biens. »

Cette position, qui est celle du monde latin depuis des siècles, ne semble même plus être partagée par le pape « New âge » François qui, depuis quelques mois, travaille de manière active en partenariat avec Mme Lynn Forester de Rothschild, fondatrice du Council for Inclusive Capitalism (Conseil pour le capitalisme inclusif), à faire comprendre à l’opinion publique mondiale qu’il est maintenant urgent d’instaurer un système économique juste, digne de confiance et capable de relever les défis les plus profonds auxquels l’humanité est confrontée ». Ce qui sous-tend qu’un système économique malthusien prend en compte la terrible et frauduleuse question écologique !

Il est assez risible de voir le successeur de Saint Pierre s’associer avec les Pdg de Allianz, de Bank of America, BP, Dupont,, EY, the Ford Foundation, Mastercard, the Rockefeller Foundation pour sauver le monde de la destruction. Car, avant le modernisme et le monétarisme contemporain, comme nous l’avons déjà vu, la conception latine du droit de propriété connaissait évidemment des limites de bon sens, contrairement à ce que consacre la vision viciée à l’anglo-saxonne (de ses partenaires) qui tend vers un droit de propriété absolument illusoire (et qui protège in fine la propriété des plus riches). Elle ne visait donc en aucun cas une éradication programmée de ce droit pour la multitude, sachant que par le plan d’asservissement du Grand Reset, il est question de sacraliser la propriété absolue d’un tout petit nombre d’individus face à l’anéantissement de la propriété pour la majorité.

La crise covidienne et le Great Reset prévu vont ainsi remettre en cause de manière radicale les visions classiques du droit de propriété.

L’hyperclasse, par le programme défendu par son porte-parole Klaus Schwab (dans son livre) et plus généralement le forum économique de Davos depuis plusieurs mois, pose d’ailleurs clairement la question de la propriété absolue pour une petite caste et celle de la servitude pour la grande majorité d’entre nous. Et ils le savent depuis longtemps ! Pour eux, s’attaquer à la propriété des peuples, c’est, en réalité, en finir définitivement avec leur souveraineté. Les hyper-nomades veulent maintenant déraciner concrètement les masses de sédentaires encore trop grasses et riches qui ne redistribuent pas encore assez les fruits de leur labeur à la caste des 1 %.

Par la fin de la propriété pour le plus grand nombre, l’Oligarchie veut tout simplement liquider ce qu’il nous reste de liberté, mais aussi nous déraciner définitivement (nous, peuples et nations) de nos terres. A l’heure où les fortunes des milliardaires explosent à travers le monde eu égard à la crise de Covid-19, la question de la conservation des richesses pour la majorité de la population va littéralement se poser dans quelques semaines / mois.

Plus concrètement, par leur projet de destruction créatrice (chère à Schumpeter), nos élites semblent vouloir faire de nous des locataires dans la perspective de la future grande économie verte. Ce Green New Deal, que nos dirigeants brandissent comme un étendard leur permettant de cacher leur abyssale incapacité politique ou dissimuler leur véritable mission (servir les intérêts de l’Hyperclasse cosmopolite), va en effet leur permettre de faire muter nos systèmes politico-économiques…

Entendons-nous bien et répétons-le, la fin de la propriété privée pour Bézos, Gates, Zuckerberg et Cie n’est pas au programme. Ce qui est planifié en revanche, c’est bien la fin de la propriété pour vous et moi (classe moyenne, classe populaire…)

Dans ce grand jeu de Monopoly, il ne restera plus que de grands « Hôtels », et croyez-moi, vous devrez payer cher pour avoir le droit d’y séjouner…

Source : Marc Gabriel Draghi, « Le Grand Reset en marche, 2020 : An I du Nouvel Ordre Mondial »,
éditions KA’, 2021.

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