Action spéciale à la librairie parisienne de la Fédération Nationale de la Libre Pensée

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La Fédération nationale de la libre pensée est une association loi de 1901 fédérant les associations locales se réclamant de la libre-pensée. Elle promeut, en France, le libre examen et la liberté de conscience. Elle se réfère aux principes rationnels et scientifiques pour s’affranchir des dogmes. Issue de la Fédération française de la Libre-Pensée fondée en 1890, c’est une des organisations historiques de l’anticléricalisme, du mouvement ouvrier, de l’anarchisme et du pacifisme en France.

Orientations politiques représentées

Historiquement, la FNLP a notamment réuni des socialistes, des radicaux et des anarchistes. Aujourd’hui, de nombreux observateurs soulignent la part des anarchistes, des trotskystes (notamment lambertistes) et des syndicalistes Force Ouvrière dans ses militants. Le dictionnaire du mouvement ouvrier « Le Maitron » présente de nombreuses figures anarchistes ou issues de FO comme des militants de la Libre-Pensée, comme Marc Blondel, Marc Prévotel ou Joachim Salamero.

Adhérents célèbres de la Fédération Nationale de la Libre-Pensée

  • Anarchistes : ​Madeleine Pelletier, Sébastien Faure, André Lorulot, Paul et Aristide Lapeyre, André Prévôtel, Suzanne Chevet
  • Socialistes : ​Jean Allemane, Marcel Sembat, Jean Cotereau, Aimée Lallement
  • Trotskystes : ​Jean-Marc Schiappa
  • Syndicalistes : Marc Blondel
  • Féministes :​ Madeleine Pelletier, Nelly Roussel, Maria Vérone, Paule Minck, Clémence Royer, la suffragette Séverine, Maria Deraismes, Maria Pognon.
  • Ecrivains et universitaires rationalistes : ​Vera Starkoff, Marcellin Berthelot, Anatole France, Alexandra David-Néel, Joseph Turmel, Jean Rostand, Annie Lacroix-Riz.

Actions et prises de position

Conformément à la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, la Fédération a engagé des actions contre l’utilisation d’argent public à des fins de représentations religieuses au sein des établissements publics, notamment lors de l’installation de crèches de Noël. En 2014, si ces actions en justice ont entrainé le retrait de certaines crèches de Noël au nom du principe de laïcité, elles n’ont en revanche pas abouti partout.

Au même motif, la Libre Pensée s’oppose à l’ajout de croix sur le domaine public. En janvier 2018, la fédération morbihannaise obtient une décision du Conseil d’État contre la croix de la statue du pape Jean-Paul II à Ploërmel.

Plus récemment, dans les affaires du déboulonnage des statues (Archange Saint-Michel, vierge Marie) de Vendée et l’Ile-de Ré.

La fédération de Saône-et-Loire de la Libre Pensée se félicite du jugement du tribunal administratif de Dijon du 28 août 2017 obligeant les cantines de Chalon-sur-Saône à servir des repas de substitution sans porc.

La Libre-Pensée s’est régulièrement opposée à tout encadrement législatif ou réglementaire des pratiques vestimentaires des particuliers, notamment lors des diverses discussions concernant le port du foulard islamique en milieu scolaire ou périscolaire, ou le port du “burkini”. En 2016, lors d’une polémique sur l’encadrement du port du burkini sur les plages françaises, elle a critiqué le Premier Ministre Manuel Valls et les élus locaux ayant entrepris d’interdire le burkini par des arrêtés qu’elle a qualifiés de “liberticides”, dénonçant une “sinistre farce” et une “course à l’échalote dans la xénophobie”. Dans l’affaire de la crèche Baby-Loup, elle a contesté l’idée qu’une salariée puisse être licenciée en raison du port du voile islamique et s’est félicitée en 2018 de l’avis du comité des droits de l’homme de l’ONU estimant que cette affaire constituait un cas de discrimination religieuse.

En 2019, en réaction aux critiques d’une partie de la classe politique contre la FCPE et le Planning Familial sur ces questions, la FNLP déclarait : « Nul n’a le droit d’imposer à quiconque, en dehors des dépositaires de la puissance publique dans l’exercice de leurs missions, dans le domaine privé, une “police du vêtement”, si manifestement contraire à l’exercice de la pleine et entière liberté de conscience. L’indispensable combat contre toutes les oppressions que subissent les femmes, fussent-elles vestimentaires ou autres, nécessite d’autres méthodes. La campagne réactionnaire actuelle, contre le port du burkini à la piscine ou celui du voile dans la rue, nous rappelle de biens tristes périodes. » Ces positions ont valu à la FNLP, mais aussi à la Ligue des Droits de l’Homme, les critiques d’autres organisations laïques comme l’UFAL

La FNLP se définit comme une association pacifiste. Elle demande la réhabilitation des fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale. Elle a été à l’origine du projet d’érection d’un monument aux fusillés pour l’exemple avec d’autres organisations comme l’Association républicaine des anciens combattants et l’Union pacifiste. Le monument a été inauguré le 2 avril 2019 à Chauny dans l’Aisne.

Elle participe au collectif national regroupant les organisations opposées à la mise en place d’un Service national universel en France

Historiquement, la Libre-Pensée défend la contraception et le contrôle des naissances. Dans l’entre-deux-guerres, cette position était notamment défendue par sa composante anarchiste et néo-malthusienne, autour de Sébastien Faure ou Madeleine Pelletier. Les libres-penseurs anarchistes bordelais André Prévôtel et Aristide Lapeyre ont été accusés d’avoir organisé un réseau de contraception et de stérilisation volontaire masculine en 1935 (affaire dite des “stérilisés de Bordeaux”).
Aujourd’hui, la FNLP est engagée pour le droit à l’IVG en France et soutient le travail du Planning Familial. Au sein de l’Association Internationale de la Libre Pensée, elle défend le droit à l’avortement dans le monde.

La FNLP collabore avec l’Association pour le droit de mourir dans la dignité et défend les partisans de l’aide active à mourir. Dans l’affaire Vincent Lambert, elle a pris position contre ce qu’elle a qualifié d’acharnement thérapeutique.

La FNLP se dit anticapitaliste et revendique sa proximité avec le mouvement syndical. Elle participe ainsi, chaque 1er mai, au rassemblement intersyndical (CGT, FSU, FO) devant le Mur des Fédérés au cimetière du Père-Lachaise.

En 2018 et 2019, elle a apporté son soutien au mouvement des Gilets Jaunes en France tout en souhaitant une convergence du mouvement syndical avec les revendications des manifestants. En 2019, elle a par exemple organisé une soirée-débat associant Gilets Jaunes, militants syndicaux et intellectuels à la Bourse du Travail à Paris ou a organisé des manifestations locales avec des Gilets Jaunes et des associations antilibérales, en Dordogne, dans l’Hérault ou dans le Puy-de-Dôme.

La FNLP se déclare attachée à la liberté de la recherche scientifique. Sur les dossiers de bioéthique, elle s’oppose ainsi aux limitations sur la recherche concernant l’embryon et les cellules humaines. Elle étend la défense des libertés académiques aux questions de financement et de statuts des personnels du service public de la recherche, et a pris position contre les réformes de l’université et de la recherche en France depuis les années 2000.

Libre pensée et franç-maçonnerie

En mars 1894, la rédaction du Bulletin mensuel de correspondance des groupes et adhérents fédérés de la Fédération française de la libre pensée écrivait que « la franc-maçonnerie et la libre pensée sont indissolublement liées l’une à l’autre à la façon de deux corps de la même armée s’élançant ensemble à l’assaut de la même forteresse ennemie ».

Dans le camp opposé, Jean Bidegain – par qui éclata l’Affaire des fiches – comparait la franc-maçonnerie au cerveau « qui prépare et organise la Révolution » et la libre pensée aux « mains » chargées de l’exécuter.
Pour Henry Coston, le groupe parlementaire de la libre pensée n’était rien d’autre que « le tiers-ordre maçonnique parlementaire ».

Sources : Wikipedia. J. Bidegain, « Masques et visages maçonniques », Paris, Librairie antisémite, 1906.
H. Coston, La Franc-Maçonnerie, voilà l’ennemie, Paris, Nouvelles éditions nationales, 1935.

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