La fin du règne de Médée?

Maria Poumier

L’échec d’Amber Heard à faire accepter par un tribunal ses mensonges et sa mythomanie est une défaite du néo-féminisme, qu’Ordinare a déjà analysé comme un féminicide d’État, dans la mesure où nous avons encore une ministresse chargée de vendre le thème de la femme victime du patriarcat toujours et partout comme idéologie officielle et obligatoire. Les femmes criminelles, ça existe, et nos néo-féministes cumulentl’encouragement à l’assassinat des hommes ET des enfants. Il est temps de déboulonner la sinistre Médée, véritable monstre tutélaire derrière le néo-féminisme “woke” qui empoisonne les femmes et la société.

1 Le passé des mouvements féministes leurs rapports avec les pouvoirs religieux, législatifs et politiques 

Chaque époque a ses féministes, ce n’est pas un mouvement propre à la modernité. Les revendications varient selon le contexte et l’époque. Platon se réfère à une mystérieuse Diotime de Mantinée, une philosophe dont on ne sait rien sinon qu’elle avait une influence sur Socrate, qui la respectait particulièrement : les femmes aiment bien l’imaginer comme un être supérieur à ces messieurs. Mais ce pourrait aussi bien être un personnage imaginaire, disent les spécialistes. Bref, à toutes les époques, des femmes intello et remarquables ont existé ; elles étaient vues comme des exceptions, mais leur visibilité même comportait une demande de reconnaissance, un degré certain de fierté féminine et de défense de la cause des femmes en général.

Diotime de Mantinée, mentionnée avec respect par Socrate.

 Au Moyen-Age, Christine de Pisan est considérée comme la première femme de lettres ayant vécu de sa plume (1367-1430, Poisssy). On lit sur Wikipedia « Les traits de Christine de Pisan qui séduisent les féministes sont, en général : sa dénonciation des violences masculines contre les femmes ; avec Simone de Beauvoir, elle est considérée comme la première femme écrivant pour défendre son sexe ; sa pratique du féminin pour les noms de fonction ; certaines pensées ressemblant à ce qu’on appelle aujourd’hui la non-binarité ; son panthéon féminin avec La Cité des dames, avec une pratique constante de la sororité, comme entre autres, son éloge de sa contemporaine Jeanne d’Arc ; sa lutte pour l’enseignement des filles. ». Mais Christine de Pisan  défendait aussi des vertus tout à fait traditionnelles, la chasteté et la patience, ce qui n’est plus du tout du goût des néo-féministes.

Christine de Pisan, 1364-1430.

 Au XVII° siècle, la religieuse et femme de lettres mexicaine Sor Juana Inés de la Cruz expliquait qu’elle avait choisi le couvent pour échapper au mariage et aux maternités, pour pouvoir se consacrer à l’activité intellectuelle. Elle fut une créatrice, femme de théâtre, poète, et philosophe très proche de Descartes, sans sortir de son couvent, mais elle était publiée en Espagne, admirée et reconnue à la cour du vice-roi à Mexico, comme à Madrid. Elle défendait tout ce que nous défendons toujours, nous les femmes : droit à plus d’autonomie en matière de mœurs, de pensée, et de liberté d’expression. Elle savait se moquer des hommes, et des autorités religieuses, provoquant beaucoup de courroux. Elle eut à se bagarrer avec les religieux de son entourage, mais ne fut pas poursuivie ni punie par l’inquisition, comme le voudrait sa légende féministe laïque. Elle mourut en odeur de sainteté, ayant vendu sa bibliothèque au profit des pauvres, pour servir d’infirmière lors d’une épidémie, qui la rattrapa. Mais elle ne fut pas béatifiée ni canonisée pour autant.

Sor Juana Inés de la Cruz (Soeur Jeanne Agnès de la Croix), 1648-1695

Cette femme exceptionnelle à tous égards avait en outre une pensée sociale : elle se sentait solidaire des esclaves et des Indiens, dans la grande capitale coloniale qu’était Mexico, et le disait haut et fort. Cette identification avec les couches sociales méprisées, et écrasées, on la retrouve à toutes les époques, chez les femmes d’exception, c’est une extension de la fonction maternelle.

Olympe de Gouges, 1748-1793.

L’indignation face à l’injustice envers les hommes traités en bêtes de somme, on la retrouvera chez Olympe de Gouges, aristocrate révolutionnaire et néanmoins guillotinée, qui se battait pour les femmes ET pour l’abolition de l’esclavage à Saint-Domingue, actuelle république d’Haïti. Et plus tard chez Louise Michel, la communarde condamnée au bagne, où elle faisait l’école…

Louise Michel, 1856-1905

La profonde solidarité avec les ouvriers, on la retrouve encore chez Flora Tristan. Une observation valable pour toutes les époques : les femmes d’action qui ont pour moteur un immense élan de révolte sont très souvent des bâtardes, des filles « naturelles » d’artistocrates, qui ont reçu une bonne éducation, mais qui se sentent personnellement bafouées dans leur dignité.

Flora Tristan, 1803-1844.

A partir de 1880, certaines femmes (une avant-garde minoritaire) se battent pour le suffrage universel : c’est un grand moment de férocité de la caricature masculine.

Elles se sont battues pour nous.

Le droit de vote leur avait déjà été reconnu à plusieurs occasions, dans différents contextes locaux, depuis le Moyen Age en 1309 (puis à Rome, sous le pape Innocent IX, 1519-1591). Et puis elles gagnent (d’abord en Nouvelle Zélande, en 1893), en France plus tard que dans d’autres pays, en 1944. A partir de là, on identifie les luttes féminines à la gauche, et on a de grandes féministes syndicalistes et responsables politiques. Comment ne pas les admirer, et ne pas les remercier pour le travail accompli dans le cadre des transformations sociales, pour ne pas être traitées en sous prolétariat ? Au départ, la revendication de l’éducation pour les filles reposait sur un argument irréfutable: pour être de bonnes mères, il faut pouvoir instruire ses enfants. Ce n’est ni de gauche ni de droite, c’est du bon sens, cela va dans le sens du bien commun transgénérationnel.

Mais bientôt le féminisme des femmes savantes ou des précieuses ridicules, celui des aristocrates, puis de la bourgeoisie oisive, développe des revendications propres, et subversives, au nom des femmes en général, et c’est là que s’instaure un divorce, entre les féministes qui usurpent le titre de représentantes du “beau sexe”, et les vraies femmes qui peinent et qui souffrent, et qui se battent pour leurs enfants.

Les précieuses ridicules, comédie de Molière, 1659.

Prôner la liberté sexuelle plutôt que la protection des fonctions et des vertus liées à la maternité, se centrer exclusivement sur la recherche d’une identité féminine chimérique à imposer sous prétexte de réparation d’injustices ancestrales, c’est se couper de la réalité vivante d’une société, qui a besoin de complémentarité des sexes, en accord avec l’instinct amoureux des deux côtés. Et très vite, plusieurs groupes se portent candidats à la manipulation massive des femmes au nom de l’égalité des droits: dans le patronat, on a besoin de main d’œuvre féminine, celle qui fait baisser les salaires, d’où la bataille pour le droit à l’indépendance financière grâce à l’entrée dans le monde du travail ; chez les politiciens, on a besoin soit de femmes repoussoir, soit d’électrices à séduire par des promesses démagogiques ; dans l’industrie pharmaceutique, comme ailleurs, on a besoin de consommatrices… qui prennent la pilule en masse, dans le monde entier, par exemple ; bref, plus le féminisme prend de l’ampleur, plus il devient un outil ou une arme pour mieux attirer les proies habituelles, la majorité des femmes. Il faut toujours se méfier des hommes qui épousent les causes des féministes, ils savent toujours comment en tirer profit.

Gregory Pincus, fils de juifs russes émigrés aux US, inventeur de la pilule contraceptive, moteur de la « révolution sexuelle »

2. La vraie logique de la résistance à la tyrannie

De fait, les égéries qui se réclament du féminisme ne sont jamais populaires parmi les femmes, mais la résistance des femmes au féminisme s’exprime de façon passive : elles continuent à rêver d’un bon mari pour la vie, d’une famille nombreuse, de métiers stables où leur générosité est mise en valeur, sans prise de risque et donc sans ambition carriériste, dans le sillage des hommes qu’elles ont envie de servir et d’aider, parce qu’ils le méritent, parce qu’elles les comprennent et les admirent.

Comme on dit, derrière chaque grand homme, il y a une femme, qui choisit de rester dans l’ombre ; les femmes sont fières des rôles où elles peuvent avoir une énorme influence sur les décideurs, dans le secret du foyer, c’est-à-dire en restant discrètes, voire invisibles. La pudeur est certainement une qualité instinctive chez les femmes, la modestie et l’effacement en sont des extensions. Et le dévouement les comble, s’il trouve la récompense de la gratitude. Nous ne parlons ici que des qualités féminines, bien sûr, l’autre facette, celle de nos défauts, que dénoncent cruellement les hommes, est tout aussi réelle.

La dévotion est le débouché spirituel naturel du dévouement, comme la piété l’est de la pitié. Dans cette mesure même, les femmes recherchent naturellement la religion, en tant qu’ensemble de structures protectrices et consolatrices. Depuis le curé confesseur jusqu’à la sainte Vierge, idéal féminin tant pour les hommes que pour les femmes, en passant par le culte des saints, qui intercèdent pour nous auprès des autorités divines. Sainte Thérèse d’Avila est le type même de l’intellectuelle et femme d’action qui s’est investie dans la réforme de l’ordre des Carmélites, dans le cadre de l’Eglise. Avec son disciple et collaborateur saint Jean de la Croix, issus de famille juive tous les deux, en totale symbiose, ils ont exalté et consolidé à la fois l’Eglise et la condition féminine, telle qu’elle se déploie dans l’amour, et tout en haut de nos aspirations, dans l’adoration, dans une posture spirituelle totalement féminine.

De fait, l’Eglise a été depuis le Moyen Age le rempart des femmes. Sans remonter plus loin dans le temps, le culte marial (que Bernard de Clairvaux fixe et répand au XII° siècle) s’exprime dans une statuaire, romane puis gothique, qui est une idéalisation de la femme et une exaltation des qualités féminines. Auparavant, le christianisme avait implanté la loi du mariage monogame en Europe, ce qui constitue une promotion sociale énorme : un homme une femme, c’est un niveau d’égalité qui n’existait pas dans les sociétés païennes européennes ; à partir du Moyen Age, ceux et celles qui ne sont pas tentés par l’autre sexe, et la construction d’une famille, se retrouvent entre gens du même sexe à l’abri dans les couvents et monastères, qui sont des unités de production, des centres de protection médicale et sociale, des réseaux éducatifs diversifiés, et ce sont en même temps pour ceux et celles qui choisissent la vie monacale des forteresses protégées des empiétements de l’autre sexe. Dans le surgissement de l’islam, on sait aussi que la polygamie bien réglementée constitue une amélioration de la condition féminine antérieure, d’autant plus que le droit leur est plus favorable qu’aux Européennes, en matière d’autonomie financière et de transmission du patrimoine.

Sainte Thérèse d’Avila, réformatrice de l’Ordre du Carmel.

Les sociétés se laïcisent, la sécurité sociale, le réseau hospitalier, l’éducation échappent à l’Église : mais les valeurs que défendait celle-ci restent des valeurs chrétiennes, transposées dans le cadre laïque : la protection des orphelins, des pauvres et des faibles, le respect dû à chaque personne, l’égalitarisme socialiste face aux abus des puissants, le droit à l’instruction, tout cela vient du christianisme. Clara Barton, fondatrice de la Croix rouge, est une Mère Theresa laïque, elles sont toutes les deux aussi intraitables dans leur combat, et indispensables.

Clara Barton, fondatrice de la Croix-rouge.

Or à notre époque, voilà que le féminisme a gagné tellement de terrain qu’on aboutit au niveau législatif à des inversions du droit, des pratiques et des rôles. C’est l’étape actuelle : la promotion et l’imposition à l’échelle planétaire des « droits reproductifs » , simple incitation à la contraception chimique et à l’avortement, sans que personne n’ait un droit de regard en la matière, qui est pourtant l’enjeu du renouvellement de l’humanité et de la santé mentale des générations suivantes. Cela donne malheureusement la toute-puissance aux femmes pour construire ou détruire les familles, et ce, explicitement, contre les hommes.

Autre cas extrême, en cas de plainte pour viol, l’homme est toujours présumé coupable. C’est sur ce terrain que l’on perçoit le mieux la manipulation politique d’envergure mondiale qui est à l’œuvre sous prétexte de « droit des femmes ». Autrefois, un opposant politique paraissant dangereux se faisait assassiner. Maintenant, on assassine avec une simple accusation de viol.

Le cas le plus éclatant est celui de Julian Assange. Une accusation infondée, par deux jeunes Suédoises consentantes, l’a tenu à la merci des autorités britanniques depuis 2010, alors qu’il était immensément populaire pour son courage à dénoncer les atrocités commises par l’armée US en Irak, et tous les doubles jeux des responsables politiques soumis aux chantages de la CIA. Il a fallu neuf ans aux tribunaux suédois pour déclarer qu’il n’y avait pas de preuve de viol !!! Après quoi, le FBI ayant eu le temps d’acheter toute une chaîne d’autorités judiciaires, les US en 2019 réclament son extradition, en avouant qu’il s’agit tout simplement de le faire condamner en tant que journaliste ayant porté atteinte à l’autorité de l’Etat, pour faire un exemple destiné à museler les journalistes honnêtes du monde entier; et Julian Assange se trouve maintenant enfermé de façon beaucoup plus stricte, à la prison de haute sécurité de Belmarsch, et risquant 175 ans de prison s’il est extradé. Rien de tout cela n’aurait été possible sans l’énorme opération de diffamation au départ, grâce à deux jeunes femmes sans scrupules.

Julian Assange, poursuivi pendant dix ans pour “relations sexuelles par surprise”, avant d’obtenir un non lieu; c’était le prétexte pour le marginaliser et le criminaliser à vie.

Reste à évoquer le groupe le plus dangereux parmi les féministes : les femmes homosexuelles se revendiquant comme telles. Ce sont généralement de fortes personnalités, courageuses, intelligentes, cultivées, avec des qualités de meneuses. Elles ont une haute estime d’elles-mêmes pour leurs qualités viriles réelles et nécessaires dans tous les combats, et usurpent tout naturellement la notoriété frauduleuse de représentantes des intérêts des femmes en général, qui s’investissent plus dans la sphère familiale et locale. Étant dépourvues d’attirance pour les hommes, elles ne tombent pas dans les pièges du désir. Etant des femmes tournées vers l’action, elles ne sont en général pas maternelles non plus. Mais elles sont des outils pour les pouvoirs occultes les moins recommandables. En France, nous en avons eu un échantillon redoutable, très malhonnête, et dénoncée comme telle par d’autres féministes: Antoinette Fouque, psychanalyste et créatrice des Éditions des femmes.

Antoinette Fouque (1936-2014)

Le droit nouvellement reconnu en France pour une femme de se procurer un enfant grâce à une assistance médicale en tenant légalement et définitivement le père à distance (légalisation en 2021 de la PMA pour toutes, aux frais de la Sécurité sociale) n’a pas eu le temps d’influer sur les statistiques. Il est probable que, pas plus que le mariage entre homosexuels, cette nouvelle liberté théorique ne fera pas décoller la natalité française de façon sensible.

On leur doit, aux militantes homosexuelles, des supposées victoires pour les femmes en général, avec l’extension constante du droit à l’avortement. Or, c’est là que se révèle l’illogisme foncier, et monstrueux du néo-féminisme ; comme l’écrit la philosophe Marion Duvauchet : « L’arbitraire est désormais au principe même de nos sociétés. Il se fait sentir tout particulièrement dans une loi sur l’avortement légalisant le meurtre des enfants non nés, mais conçus. La loi permet ainsi de tuer, comme si l’enfant appartenait à sa mère, légitimant par ailleurs l’effroyable réduction de la femme à son ventre. Réduisant ainsi le corps de la femme à n’être qu’un corps biologique, donc animal. C’est la destruction même du pacte social humain, car le pacte social humain comporte intrinsèquement l’interdiction du meurtre. Nous sommes ainsi devant cette terrible absurdité d’une société qui d’un côté prétend juger de la vie et de la mort des innocents, mais qui se refuse à juger de la vie et de la mort des coupables. Elle signe ainsi la croyance en la toute-puissance de l’homme sur l’homme, déclarant ainsi formellement son apostasie. »

3. Conclusion: nous sommes à la fin d’un cycle.

Toute la société, avec son encadrement juridique et législatif, semble avoir basculé dans l’absurdité suicidaire. Ces tendances effrayantes, et correspondant pour une bonne part au projet féministe de renversement des exigences patriarcales, donnent déjà un résultat immensément catastrophique, la baisse de la natalité, à l’exception de ce que pratiquent les couples se rattachant aux religions traditionnelles de leurs familles ; les gens qui revendiquent l’incroyance ne se reproduisent plus, et sabotent donc efficacement l’avenir de leur pays, désormais fragilisé au plan du renouvellement démographique, et donc forcément au détriment de la moindre unité ethnique.

Si nous sommes bien en train de toucher le fond, alors nous pouvons aussi rebondir. La guerre otanesque contre la Russie, en se rapprochant de la France, va faire revenir en avant les vieilles valeurs traditionnelles et fonctionnelles, indispensables en temps de guerre : spécialisation des rôles masculin et féminin complémentaires, stabilité de la famille comme refuge protecteur pour toutes les générations. La guerre n’est jamais souhaitable, mais elle peut favoriser le retour à de bonnes pratiques, relevant du sens commun et du bien commun : un regain de terrain pour les valeurs religieuses fondamentales devrait entraîner à terme le revirement de tendance dans l’éducation et dans les lois.

Pour conclure, rappelons que les paradoxes tragiques du féminisme sont probablement constitutifs de l’identité européenne depuis très longtemps, dans la mesure où elle e veut centrée sur les droits individuels. Euripide en a montré toute l’horreur dans sa façon de traiter le mythe de Médée. Médée, c’est l’histoire d’une femme délaissée par son mari pour une autre, plus belle et plus jeune. Dépitée, se sentant victime d’une injustice colossale, mais impuissante, pour se venger, elle fait porter des cadeaux empoisonnés à sa rivale par ses enfants, deux garçons, après quoi elle les assassine, froidement, pour faire souffrir leur père. Evidemment, cela ne règle rien, cela engendre d’autres meurtres.

Médée, telle que les néo-féministes l’adorent.

Certes, les féministes sont gênées par cette histoire de femme n’obéissant qu’à ses désirs sexuels et sa volonté de pouvoir, qui la mènent au crime; mais elles acceptent de se reconnaître dans la figure de Méduse, une sorcière qui, au départ, est représentée avec un visage de sanglier entouré de serpents, un monstre au féminin qui fait tellement peur à tous ceux qui la regardent en face qu’elle les pétrifie, elle les change en pierre (ce pourquoi il est recommandé de ne pas l’attaquer de face, mais avec une certaine subtilité).

Tête de Méduse, par Le Caravage.

Mais nos néo-féministes sont plus que des Méduses horribles, elles nous poussent à devenir des Médées à part entière. Quand une femme avorte en toute bonne conscience, elle réussit à tuer beaucoup de monde : symboliquement, sa rivale d’abord (les femmes plus attirantes et plus belles, poussées à l’usage professionnel de leurs charmes) ; elle le fait sans l’ombre d’un scrupule en se servant de ses enfants (en leur inoculant la haine des pères et en relayant la propagande avortiste), faisant d’eux des assassins potentiels à leur tour, car pervertis, en toute logique incestueuse ; elle tue aussi sa conscience et son instinct vital, qu’elle piétine au nom de ses « droits » ; elle tue le père de l’enfant, qu’elle voit comme un misérable échantillon du patriarcat haïssable; or celui-ci a, au sein de la gente masculine en général, pour mission de dicter les lois de la société contre les caprices individuels ; elle tue l’enfant à naître, auquel elle dénie le statut de fils et de frère en humanité digne de sa protection. Enfin elle handicape aussi gravement ses frères et sœurs éventuels, qui sauront un jour ou l’autre qu’ils sont des survivants voire des sursitaires, les enfants d’une mère sans âme qui les a triés dès leur conception, et qui est prête à se servir d’eux, morts ou vifs, pour ce qu’elle estime être son droit à la toute-puissance.

Après le mythe atroce, une image exaltante : nos églises ont des formes de refuge matriciel. Les principes de la construction médiévale veulent qu’elles se dressent sur des piliers se rejoignant en formant des arcs, en se rapprochant au sommet, où la poussée des deux côtés s’équilibre dans la clé de voûte, tendue symétriquement vers le haut. La clé de voûte empêche l’édifice de s’écrouler, la gravité de reprendre force de loi qui écrase. L’église gothique, qui exalte la multiplication des ogives, accentue la concavité qui attire , en particulier dans ses portails, et vise toujours plus haut, comme le rapprochement de deux mains jointes dans la prière. Une société vivante doit suivre ce modèle : hommes et femmes tendant vers le haut, se rejoignant dans la convergence vers l’idéal, de même que gauche et droite dans la défense de la patrie, ou parents et enfants dans le projet familial, riches et pauvres dans le projet social, etc.

Merci au tribunal qui a condamné Amber Heard, ce qui va nous aider à avancer, à sortir de l’hallucination obligatoire “woke”. Car nos néo-féministes hystériques elles aussi sont des victimes de leurs fantasmes de toute puissance, manipulées jusqu’à l’os par des loups déguisés en agneaux pour mieux nous dévorer, des pouvoirs dans l’ombre qui n’ont rien de libérateur. Avec féminité et virilité retrouvées, nous pourrons faire tomber les travestissements pervers.

Tête de Méduse tranchée, par Pier Paul Rubens.

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