La séparation des Églises et de l’État

La laïcité est souvent assimilée, à tort, à la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat. Cette loi, qui fait suite à l’action de Jules Ferry consistant à chasser l’Eglise de l’école, est une attaque directe contre le catholicisme, car comme l’a expliqué Emmanuel Todd, « dans certaines régions, le catholicisme bien loin de s’effriter, s’est consolidé pratiquement tout au long du XIXe siècle. Sa puissance retrouvée a fait peur et conduit les hommes de la République à réaliser en 1905 la séparation des Eglises et de l’Etat. »

Concrètement, la loi de 1905 avait pour but de chasser l’Eglise catholique hors du pays en l’affaiblissant, notamment par des mesures d’ordres financier (article 2) et particulièrement par la confiscation de ses biens.

Si d’aucuns aujourd’hui s’imaginent naïvement que la laïcité dont la loi de 1905 est l’une des armes – est l’incarnation, la matérialisation juridique d’une neutralité religieuse, c’est parce que l’on méconnait son histoire et que l’on ignore que le principal artisan de la loi de 1905, Ferdinand Buisson, défendait lui-même une religion occulte appelée à remplacer le catholicisme. Il n’y a en effet dans l’œuvre intellectuelle et politique de Buisson (et de ses prédécesseurs), rien de neutre, toute son œuvre étant religieuse par essence et destination. D’ailleurs, Jean Jaurès, lui-même grand laïc devant l’Eternel, avait affirmé que « seul le néant est neutre. ».

Jules Ferry, de façon plus cynique dit : « Nous avons promis la neutralité religieuse, nous n’avons pas promis la neutralité philosophique, pas plus que la neutralité politique. »

Youssef HINDI, « La mystique de la laïcité », Editions SIGEST, 2017